lundi 1 janvier 2018

L'année sportive 2017: des hauts et des bas



Cette année a commencé par une grande baisse de forme en course à pied due certainement au surentraînement en 2016. J'ai galéré jusqu'au mois d'avril-mai. Les courses du 1er trimestre :
10 km les Foulées de Vincennes (la traditionnelle du début de l'année) Vu l'état de ma forme de l'époque c'était plutôt pas mal: 54'39" loin de mes meilleurs chronos sur 10 certes (51'-52')
S'en est suivi le semi marathon de Paris sous les couleurs de mon entreprise au mois de mars dans les conditions dantesques, froid, forte pluie et les rafales de vent à 90 km/h. J'étais contente de mon résultat compte tenu de la forme et des conditions: 2h06.
Au mois d'avril c'était la 1ère édition du marathon de la Loire : la forme a commencé à revenir 10 jours avant... je pensais même à y renoncer... Finalement je l'ai fait sans prépa (les sorties de 3x8 km/semaine) mais toutefois beaucoup de vélo. Toujours compte tenu de mon état et de la non prépa j'étais satisfaite de mon résultat : 4h42.

Au mois de mai commence la saison des triathlons :
le sprint de Choisy au Bac qui est remarquable par la moyenne de 27,3 km/h en vélo (jamais ça m'est arrivé même sur les XS)
Une semaine après ce sera la tentative de boucler le triathlon du Chemin des Dames : ça ne passera pas vu le dénivelé : je suis mise hors délai à 5' près après le parcours vélo compte tenu le dénivelé sur 40 km.
Néanmoins j'ai fait une bonne natation et pu arriver au bout du parcours vélo super difficile.


Au mois de juin la forme est enfin au top pour la course à pied (ça ne durera pas longtemps)
le M aquathlon de Torcy : 2000m de natation sans combinaison et pour la course à pied la natation sans combi ça laisse des traces surtout sur le parcours cross.

Je défonce mes moyennes en entraînement en vélo 24-25 km/h de moyenne sur les parcours vallonnés (du jamais vu auparavant)
18 juin : mon 1er 100 km en vélo Rallye de Montfermeil avec mon club.
 

Au mois de juillet le triathlon M de Paris. Bonne natation, vélo catastrophique pour cause prudence sous la pluie et bonne course à pied.

Mi juillet vacances en Russie chez ma maman qui étaient très difficiles : voyage très long, décalage horaire, stress, chaleur, le décès de ma tante. Ma bonne forme qui était si dure à regagner repart tout de suite à la baisse.

 



Mais au retour il y a mon nouveau joujou qui m'attend : Liv Envie advanced 1, dont je rêvais tant : j'ai enfin un vélo digne de ce nom et il n'y a pas un cadeau qui me ferait plus plaisir que celui-ci.

 

Je le ferai baptiser fi août lors du triathlon M +++ de Chantilly: 1700 m. de natation, 48 de vélo et 10 de CAP: plutôt une réussite, belle moyenne en vélo et une nette amélioration sur le même parcours il y a 2 ans avec une grande chaleur. 



Avec ce bijou s'en suivront 2 autres 100 bornes en vélo : 15 octobre Rallye de Cheminots d'Aulnay sous Bois et la 1ère sortie avec Paris Woman's Cycling Club le 1er novembre.

La forme pour la course à pied ne remontera pas ni au mois de septembre, octobre, novembre pour cause de surcharge de travail. Quand c'est comme ça on se fait une raison et on fait avec. Semi marathon de Vincennes sans prépa sera fini difficilement avec exactement le même chrono qu'en mars : 2h06.
Au mois de décembre ça commence à s'améliorer et j'espère continuer sur cette voie en 2018 : car 2 half ironman sont prévus au programme (celui de Tours en juin et Vichy en août).

Surtout merci à mes amis avec qui j'ai partagé ces beaux moments!

En chiffres:


mardi 29 août 2017

Triathlon de Chantilly distance M ou DO à rallonge…

Triathlon de Chantilly distance M ou DO à rallonge…
Ce triathlon était prévu dans mon agenda depuis longtemps, à l’ouverture des inscriptions, c’est-à-dire en octobre pour payer beaucoup moins cher évidemment. Puis j’aime beaucoup ce triathlon dans le cadre royal (bon l’eau du plan d’eau beaucoup moins, mais il faut bien des inconvénients). Je crois que en région parisienne on est abonnés de nager dans les eaux de transparence douteuse mais en même temps je ne suis jamais tombée malade.
Donc cette année distance olympique +++ et pas le half, puisque en juillet je suis partie en vacances en Russie, il me resterait peu de temps pour préparer le half comme il se doit.
Et j’ai bien fait, car je suis rentrée complètement décalquée de mes vacances (les vacances ne veut pas toujours dire repos et sérénité)  et j’ai perdu ma belle forme que j’ai si durement regagnée depuis le début de l’année.
A mon retour force de constater que : j’ai perdu en natation, j’ai perdu en vélo (malgré le nouveau vélo carbone flambant neuf : comme quoi il ne fait pas le boulot tout seul, quelle déception !) et j’ai perdu en course à pied.
Il me reste 3 semaines pour essayer de revenir.
La forme revient pour la natation et le vélo, pour la course à pied moins. Pas grave, je ferai avec ce que j’ai….
Le jour J est arrivé, on part le matin avec mon fils, je suis légèrement stressée….
On arrive au Château, une énorme queue à l’entrée du parc. Il commence à tonner… l’orage.
Et il commence à pleuvoir bien fort. Je suis vraiment abonnée aux triathlons sous la flotte. Triathlon pluvieux, triathlon heureux ?
Mon fils me laisse au retrait des dossards et va se réfugier dans la voiture. Déjà que je l’ai sorti du lit à 6h30 le dimanche, il ne faut pas pousser….
Je commence mes préparatifs sous la flotte, les autocollants se déchirent dans les mains, enfiler la combi sur le corps mouillé c’est une horreur….

Mais il s’arrête de pleuvoir avant le départ. Je retrouve un des copains de mon club et aussi Myriam que je connais depuis cet été.
Il faut préciser qu’après l’épreuve d’enfilage de combi, il y a aussi l’épreuve marcher 300 m. sur les gravillons. Un vrai bonheur.
Briefing et il est temps de descendre dans l’eau. C’est très noir et vaseux. Comme tous les ans depuis 4 ans j’entends la même chanson : c’est dégeuuuuuu ! mais moi je fais plus confiance au plan d’eau de Chantilly qu’au canal de l’Ourcq. Puisque par ici il n’y a pas de bâteaux et il n’y a pas les gens qui jettent tout et n’importe quoi dans la flotte. M’enfin c’est mon avis perso.
La natation commence, j’aime pas les coups, je me place en arrière et à droite mais c’est pas forcément une bonne stratégie puisque les gens devant barbotent et me gênent. Je ne suis pas une nageuse rapide mais quand il faut nager, je nage bien comme il faut, tout en crawl, sans m’arrêter, sans brasser la tête hors de l’eau, sans faire du dos. Gênée aux 2 premières bouées, d’autant plus que certains, pas rassurés, se mettent debout et marchent car c’est très peu profond ! on aurait tout vu !
Après ça se décante peu à peu et on peut nager convenablement.
Enfin façon de dire puisque à chaque mouvement de bras il y a des algues qui s’accrochent et sur le visage aussi.
Je sors au bout de 44’21 pour 1680 m.  2’37/100 m. alors que cette année j’étais à 2’32-2’33 par 100 m. Mais c’est pas la cata du siècle, j’étais plus gênée et il y avait plus de bouées à contourner et me battre avec les algues, ceci explique cela…


Transition 1. J’ai tout ? j’ai tout ! Ah non, au bout de quelques mètres je m’aperçois que je n’ai pas tout, j’ai oublié de remettre ma puce. Demi-tour et là je ne trouve plus mon emplacement, les places n’étant pas numérotées et le bazar qui règne….
Je perds entre 1’ à 2’ avec cette connerie.
Je suis enfin sur mon vélo et c’est parti. Le 1er km. c’est les petits cailloux et la gadoue, ça va pas vite… les 3 suivants ça va pas très vite non plus, le vent est de face et je n’ai pas les jambes après la natation. Après je commence à dérouler quand même. Les mains en bas du guidon ou sur les cocottes mais les coudes fléchis, la tête baissée au plus possible. Je me fais doubler un peu mais surtout par les gars du half. Le parcours c’est que du faux plat montant et descendant avec quelques bosses pas méchantes, mais après 1700 m. de natation c’est un peu pénible. Je commence à doubler aussi. Il y a certains qui roulent en mode : « quand on partait de bon matin à byciiiicleeeteeeuuu ». Bon, ça me rappelle mes débuts… Vers la moitié du parcours ma vitesse retombe en dessous de 25 km/h de moyenne et ça m’agace… si je fais pas mieux avec le nouveau vélo je me fouterais des baffes mais après il y a les descentes et je repasse de nouveau « la barre » des 25 kmh. Dans les descentes collée au cadre et les fesses soulevées, une vraie pro, mdr! Le gps sonne le 45ème km (distance annoncée par l’organisation). Mais non ! il reste encore 3 km. à faire… (pour rappel la distance olympique c’est 1500 m. 40 km. de vélo et 10 de course à pied). Bon c’est pour faire durer le plaisir pour le même prix !




La course à pied, dans le parc du Château de Chantilly sur l’herbe et chemins par + de 25° et une chaleur très lourde et moite …. Je sens que là je ne vais pas briller et trottine à 8,5 km/h pour rester plutôt à la limite de la zone de confort…. même si c’est un peu dur quand même…. Mon fils vient à ma rencontre pour me filmer. Je souris malgré l’épuisement et décolle quelques foulées pour ressembler à une coureuse. 

 La ligne d’arrivée franchie en 4h01’, heureuse même si pour la course à pied  ne s’est pas passée comme je voulais : 1h10.
C’est pas grave, c’est ainsi, il faut accepter. J’ai tout donné, il y a une belle progression par rapport à ce même triathlon il y a deux ans. (20’ de gagnées dans les mêmes conditions de chaleur : 7’ natation,  4’ en vélo et 9’ en course à pied)
Mais faut continuer à bosser le vélo encore et encore puisque c’est là que ça situe la plus belle marge à gagner et malgré les progrès évidents ce n’est pas encore à la hauteur de mes espérances.

Un petit débriefing d’après course avec mes amis Isabelle et François.


I love triathlon.


lundi 3 juillet 2017

Garmin Triathlon de Paris 2017



Garmin Triathlon de Paris… comment dire… dès fois il vaut mieux rester couchée...
C’était mon ènième M et ma troisième participation au Garmin triathlon de Paris. On a beau dire ce qu’on veut, c’est cher, c’est ceci c’est cela et gnagna gna mais c’est près de chez moi, ça m’évite des frais de déplacement et d’hébergement, donc je participe ! Puis l’arrivée près de la Tour Eiffel ça a de la gueule quand même. D’autant plus qu’on a topé avec les copines dans la main pour relever ce challenge. Bon Mia a préféré se faire rafistoler la tuyauterie pour y échapper. Qu’est ce qu’on ferait pas pour se désister !
Cette année le parcours est changé. La natation ne se fait plus à Choisy le Roi mais dans le bassin de la Villette, dans le canal de l’Ourcq. On nous promet la bonne qualité de l’eau. Mouais il nous reste que croire sur parole. Le parcours vélo est aussi changé avec plusieurs virages en épingle au bois de Boulogne. C’est pas ça qui va arranger la moyenne !
Il arrive le jour J, je retrouve Gisèle à la gare du Nord et direction parc à vélo. Il fait très gris et une légère bruine tombe. Déjà je m’aperçois que j’ai oublié ma serviette (couac N° 1). ça commence bien !
Préparatifs assez rapides et je vais chercher mes copines à leur emplacement. 

On est 4 et on se dirige vers le départ en observant l’eau et franchement ça donne pas du tout envie ! Un grand poisson mort qui flotte, puis une bouteille, une canette, un sac plastique. Je aurais presque envie de reprendre mon vélo et rentrer chez moi ! On retrouve tout par hasard nos supportrices Séverine et Mia ! Papoter et rigoler ça déstresse un peu. Le départ est donné par petits groupes pour éviter le massacre dans l’eau. On part plutôt vers la fin. J’observe les gens qui nagent pour la plupart n’importe comment…. il est temps de nous lancer aussi… C’est parti. Bien qu’il y a plutôt de la place pour nager, je me sens gênée assez souvent, obligée de zigzaguer pour contourner les concurrents, ben oui, c’est pas dans mes habitudes de chatouiller les pieds des autres et leur monter dessus… Par contre quand quelqu’un essaye de me le faire, il comprend vite que ce n’est pas une bonne idée. Si tu veux prendre mes pieds dans le pif, essaye ! L’expérience permet de ne pas me laisser faire et de me défendre. Autant sur les triathlons où il y a du niveau où je sors dans les derniers de natation, je me pose parfois des questions sur ma continuité dans le triathlon (je me sens parfois nulle), autant vu le niveau là, je me sens Open Swim Star et je me débrouille plutôt très bien par rapport au commun des nageurs. Mes lunettes se remplissent d’eau et je suis obligée de m’arrêter et de les repositionner à 5 reprises. (couac N° 2) J’entends de la berge : allez Tatiana, courage. C’est Gisèle, elle est sortie de l’eau pour une raison que je ne connais pas encore….
Sortie de l’eau. Lap. 41’ je ne suis pas contente puisque pour 1500 m je mets entre 38 et 39’ mais je m’aperçois que j’ai ramassé plus : 1662 m., donc ça se tient, même un peu mieux que d’habitude.
En nageant aussi je me suis rappelée que j’ai oublié mon gps vélo, ce qui veut dire que je n’aurai aucun aperçu sur ma vitesse ni cadence de pédalage. Couac N° 3 donc.
Arrivée au parc à vélo je peine à sortir de ma combi, Gisèle me rejoint et m’explique sa raison de sortie de l’eau, elle a eu un malaise…. vraiment une déception, elle a vraiment bien préparé ce tri.
Je veux mettre mes lunettes et les verres interchangeables se sont barrés. Décidément. (N° 4) Mais ce n’est que de la gnognotte à côté de ce qui m’attend.

 A la sortie du vélo les copines Mia, Gisèle et puis Mumu me conseillent d’être prudente puisque il pleut, et nous avons 2 km. à faire sur les pavés glissants. A la sortie du parc à vélo en courant sur le sol glissant avec des cales j’ai une tête carrément décomposée. La photo le confirme.

 De tous côtés ça fuse : prudence, ça glisse. On entame 2 km. façon Paris – Roubaix sous la pluie, là je me contrefous royalement de ma moyenne. 2 chutes sous mes yeux. Puis on continue jusqu’au Bois de Boulogne et on commence tourner dans tous les sens, à tel point que je ne comprends plus où je suis et est-ce que je n’ai pas loupé un embranchement qq part. Je serai témoin encore de 2 chutes et nombreuses crevaisons des concurrents. Dans le 5ème et dernier virage en épingle à 180°  (29ème km.) je pose pied à terre et n’arrive pas à repartir puisque je suis sur le grand plateau et petit pignon et c’est un gros faux plat montant. Je essaye, je reessaye et n’arrive pas au risque de me casser la gueule. Je m’arrête, je retourne mon vélo et change les vitesses. La gourdasse ! On est à combien de couacs déjà ? 5 ? Si mes comptes sont bons. Bon 4’ de perdus si c’est pas plus, ça fait plaisir !

Enfin, enfin je termine le vélo sans dommage, entière et pars pour la cap. 





Franchement je cours plutôt bien aux alentours de 10 km/h mais je n’y prends aucun plaisir. Des jolis faux plats, escaliers 2 fois, grosse côte du Trocadéro… Vers la fin je double ma copine virtuelle jusqu’au là : Muriel, on se reconnait de suite, pourtant on ne s’est jamais vues. C’est génial ! Je finis en faisant un gros sourire pour le photographe. Je me fais interviewer à l’arrivée. 

Bon hein je ne sais pas du tout où est ce que ça va passer.
Puis je rejoins mes supportrices qui me demandent comment ça s’est passé. A ben c’était un triathlon de merde…
-          Bon d’accord, commençons par la natation.
-          C’était la m… !
-          Et le vélo ?
-          C’était encore plus la m…. !
-          Et la course à pied ?
-          J’ai pas apprécié non plus !
Et encore là je fais la version courte…
Les copines sont mortes de rires et me disent : tu vends vachement bien l’événement, ça fait envie de participer !
Bon tout est bien qui finit bien et on récupère Gisèle qui a finalement eu le courage de faire le vélo et la course à pied même sans classement. Félicitations !

Voilà voilà malgré les progrès en vélo je n’ai pas brillé un petit 23,3 de moyenne avec le gros arrêt au 29ème, sinon si on compte pas 2 km de Paris Roubaix j’ai plutôt bien roulé. J’ai préféré la sécurité parce que dans deux semaines je prends l’avion et vais en ma Sibérie natale voir ma maman qui va fêter ses 90 ans. Les priorités sont ailleurs que péter son chrono en vélo ou me péter la gueule.

lundi 22 mai 2017

A vouloir jouer dans la cour des grands… parfois on perd… Triathlon du chemin des dames…


Comment m’est venue cette idée de faire ce triathlon ? C’est ma copine Manue qui me l’a proposé. Mais paraît il, il est super dur Manue ? Mais, elle me dit, marre des triathlons plats, je l’ai fait il y a deux ans mais j’ai crevé avant d’entamer la 4ème côte, je veux prendre ma revanche.
Bon, vu que j’ai progressé cette année en vélo et j’ai fait quelques entraînements côtes dans mon plat pays, ça devrait passer quand même. Allez, on y va ! 


J’étudie le site de l’organisation en long, large et en travers et calcule la possibilité de passer la BH. ça doit être possible mais de justesse.
Départ 14h20 pour les dames, 14h30 pour les messieurs, temps limite départ cap : 17h00 j’ai deux heures 40
Si je compte 39’ pour 1500 m. de natation, 2-3 min transition, vélo à 22-23 km/h de moyenne cad 1h47, ça doit le faire.
Une copine me dit : j’espère que tu as tout ce qu’il faut comme braquets parce que le parcours vélo est très dur… Eva, tu te reconnais ? 
Oui, oui, j’ai même le triple plateau sur mon vélo….
39 km., 4 côtes de 2 km. chacune avec les passages jusqu’au 15%, j’aurais été prévenue….
Jour J, on arrive avec Manue sur les lieux, beaucoup de monde, temps juste magnifique, il fait beau, il fait chaud…. 



Température de l’eau 18° avec la combi c’est juste l’idéal…

Nous voilà sur le départ, le stress, le stress…. Le départ est donné en retard de 12’.
Très rapidement toutes les filles s’éloignent. J’ai juste 1 ou 2 à mes côtés, pourtant je n’ai pas l’impression de traîner… 

1ère nouveauté pour moi natation 2 boucles avec une sortie à l’australienne. Mais on n’est pas encore à la sortie, car je commence à me faire écrabouiller par un troupeau de requins : les mecs qui étaient lâchés 10’ après. Là je peux vous dire que j’ai passé un sale ¼ d’heure.
Je me débats comme je peux en faisant des grands coups de pieds, dès que quelqu’un essaye de me nager dessus.
Les organisateurs des triathlons mais c’est quoi cette connerie de laisser partir les filles avant les mecs ? laissez partir tout le monde ensemble, ceux et celles qui sont pas forts connaissent leur place, se placent en arrière, point barre.
Bref. J’arrive au bout de ce calvaire en 41’50  pour… 1650 m. j’arrive vers mon emplacement vélo les jambes flageolantes et tout pareil comme dans tous les triathlons qu'on a fait ensemble, Manue est presque prête à partir pour le vélo…

J’enfourche mon vélo, et même avant d’entamer la 1ère côte au km. 2, c’est déjà en montée. Les jambes n’apprécient pas du tout. On passe par un village, dans la côte les gens encouragent, on se croirait au tour de France. 1ère descente. P… que je flippe, route étroite en virages, aucune visibilité, je descends sur les freins…. c’est pas ça qui va améliorer ma moyenne.
2ème côte : je déclipse à 200 m. de la fin, je la finirai en marchant…
Dans la côte est écrit : Courage, plus loin : encore un peu ! et à la fin : meilleur grimpeur ! ça fait sourire dans la galère.
Un paysan garé au bord de la route me dit : 
- bravo Madame, vous êtes sûre de terminer, non mais parce qu’il y a encore 2 côtes comme ça, et là c’est en faux plat montant…
-          - Ben oui Monsieur quand même….
-         -  Non mais parce que sinon vous pouvez faire un raccourci par là bas….
      (ben oui t’as raison mon gars, je vais m’aventurer dans la campagne que je ne connais absolument pas… je me ferai plutôt ramasser par la voiture balai, ce sera plus simple.)
      D’ailleurs ça va pas tarder, je me fais dépasser par les 2 derniers gars et j’entends la voiture balai ronronner doucement derrière moi. Les 2 dernières côtes je les monterai sans poser pied à terre. 19,4 km/h de moyenne, la honte quoi. Même pas 20. La dernière descente est longue et trop belle, là je dévale sans freiner. Pour terminer à 20 km/h pile. Je pose mon vélo, un bénévole :
-         -  Vous arrivez du vélo là ?
(Non je suis tombée en parachute). Bah oui !
-          - par contre désolé, on pourra pas vous faire partir pour la CAP, on a arrêté les départs pour la CAP il y a 5’.
Mais c’est pas grave Monsieur, je crois que j’ai eu ma dose…. Je suis presque contente….
Il n’empêche que j’ai piqué ma petite crise de larmes mais ça n’a pas duré longtemps, je prends ça comme un entraînement et une expérience.
Du coup j’attends ma Manue, elle m’a collé 2 km/h ce qui lui donne 10’ d’avance sur moi sur le parcours vélo et elle a pu commencer la CAP. Je l’accompagne sur les derniers 300 m. et vraiment heureuse pour elle.

Je reviendrai peut-être un jour pour prendre ma revanche. 

jeudi 20 avril 2017

Marathon de la Loire (encore un ! Le 15ème)


Je ne sais plus pourquoi et du comment j'ai choisi pour le programme du printemps le marathon de la Loire. J'ai pris une sale habitude n'ayant pas encore terminé le marathon prévu de choisir déjà le suivant. Celui ci m'a sûrement attiré pour les raisons suivantes : 1ère édition (j'adore tester les 1ères), Saumur (paraît il une petite jolie ville) et le parcours plat comme ma main : 43m de D+. Mi avril (fera peut être frais), de quoi me venger sur mon chrono raté à Salon de Provence.
Comme toute l'année dernière j'ai réussi toutes mes compétitions, pour le 1er semestre 2017 j'ai les yeux plus gros que le ventre : un 10 km., un 15 km., le semi marathon de Paris, l'éco-trail de Paris (le 80, tant qu'à faire!) suivi par le marathon 1 mois après.
Sauf que depuis le début de l'année comme j'ai mentionné quelques fois avant, rien ne va plus. Un grand état de fatigue, grande baisse de performances et ça tarde à remonter. Bon dans ce programme j'ai oublié de m'inscrire au 15 km. et eu la présence d'esprit de ne pas participer à l'éco trail (je suis folle mais quand même). J'ai commence ma prépa marathon en nommant les séances Saumur 1/1, Saumur 2/3.... en fait je me suis vite arrêtée. Mon état m'a vite gonflé, j'ai arrêté la prépa et courais péniblement en endurance 8 km 3 fois par semaine. Mais un peu de natation et beaucouuuup de vélo. Sans prise de tête, comme le vélo me portait, vu qu'en course à pied les jambes ne me portaient pas vraiment. A 3 semaines du marathon je décide presque à renoncer, j'hésite. C'est sûr que j'y vais, vu que j'ai embarqué ma copine Amel dans cette histoire, mais est ce que c'est raisonnable de le faire dans cet état ? Et puis un miracle se produit : 2 semaines avant la FC baisse enfin et les allures remontent, comme ça, d'un coup.... Bizarre, vous avez dit bizarre... Et si je le tentais ce marathon, avec ma prépa vélo ?
Samedi 15 avril, Amel et moi nous arrivons à Saumur, installation hôtel et direction village marathon qui est à 1 km. exactement. Ambiance super sympa, de nombreux exposants locaux. Retrait des dossards et nous assistons à la présentation des élites femmes et hommes par Dominique Chauvelier. Il présente ma compatriote Svetlana Prétot, ex-championne de France de marathon, 2h32 à San Diego (2007 je crois), et là elle vise un modeste 2h48 (elle finira en 2h46)
A sa descente de l'estrade j'ose l'aborder et discuter avec elle en russe. Puis un petit tour du village et en croisant Dominique Chauvelier on demande aussi une photo souvenir avec lui. Voilà notre minute de gloire avec les stars.
Petite virée vers le magnifique château, très en hauteur.

Notre nuit n'est pas calme, nous dormons mal, un petit stress marathon (il était temps). 

Le matin de la course petit footing jusqu'à la ligne de départ, il fait beau mais pas très chaud, le cadre est magnifique, les conditions idéales et l'ambiance de folie.
Environ 2000 participants, accès aux sas rapide et pratique. Je suis dans celui de 4h15.... en fait 4h30 ce serait une grande victoire dans mon état.
Et c'est partiiiii....
Un peu de tournicotage en ville, au 2ème km. La sono nous joue un slow, wahou ! Iiiiii loooooveee youuuu.... Bon choix pour ne pas partir vite. Je suis installée dans l'allure de 4h18 environ, la FC est un peu haute pour le marathon mais je me sens bien et je continue ainsi. Le parcours est magnifique en bords de Loire, soleil mais pas trop chaud, arbres en fleurs, jolies bâtisses, parfois les mini châteaux... L'allure commencera à baisser déjà légèrement à partir du km. 19. On passe par les villages, les gens nous encouragent par les prénoms, je tape dans les mains des gamins. On entame le chemin de retour. Je tiendrai plus ou moins bien jusqu'au km. 26. Le soleil tape plus fort, c'est le léger faux plat montant tout le temps et mes jambes deviennent 2 poteaux qui n'obéissent plus.. Tiens donc, pensais tu pas quand même de battre ton RP sans prépa ? Allez go, le plan B c'est de finir sans marcher pour ne pas être trop déçue... Je joue au chat et la souris avec les gens qui sont autour : ils marchent, je les double (difficilement d'ailleurs), ils recourent et me redoublent. Je ne marche pas puisque pour repartir après c'est juste une horreur... le meneur 4h15 ça fait un bail qu'il a disparu et je suis doublée vers le 33ème km. Par la meneuse de 4h30 en rose bonbon.... Au km. 36 je passe devant l'hôtel (mais quelle horreur l'hôtel sur le parcours!). L'arrivée est à 1 km. à droite mais on nous fera tournicoter dans tous les sens en ville avec les faux plats casse pattes à la fin, du pur bonheur ! Je serre les dents et j'avance, bordel de m...
Et enfin voilà le boudin ! Je baisse les lunettes sur les yeux, sinon on verra trop ma souffrance, je lève les bras et fais un large sourire, ce qui ne reflète pas du tout mon état réel. La souffrance passera mais la photo restera.... mdr !
Bip, bouton stop... qui indique 4h43'01ce qui très bien compte tenu les circonstances....
Je m'écroule un peu sur les barrières et puis vais chercher la médaille et le ravito. Et là je vois que nous sommes accueillis par le véhicule de la marque du champagne Ackerman qui distribue les coupes aux finishers. Je ne vais pas louper une telle occasion, ce n'est pas au MDP qu'on l'aura !

Puis je retrouve Amel, qui a fini le marathon avec un très joli 4h7, 1 mois après les 80 km. D'éco trail de Paris. Trop forte !

Nous attendons la remise des récompenses (sac, bouteille de champagne, sweat-shirt). Le seul point noir de cette organisation. Nous avons fait la queue pendant 50'. Je suis au bord d'un malaise... on me propose de m'asseoir, un bénévole m'apporte le sac et puis je n'ai pas l'air très frais paraît il. Amel s'occupe de moi, les secours arrivent, et m'indiquent que j'ai les lèvres et ongles bleues. Et me voilà allongée par terre, les jambes en l'air devant la foule qui fait la queue... Tension 9,5. Ils vérifient que mon nom correspond bien au N° de dossard (d'où l'importance de ne pas céder les dossards illégalement), veulent m'embarquer au poste de secours mais je sens que ça va aller et je refuse.

Ça va mieux, je reprends mes esprits, on rentre à l'hôtel et le soir on fête ça entre copines comme il se doit ! Un marathon c'est toujours une aventure quelque soit la préparation et je pense que je m'en tire plutôt pas mal. Vive le vélo !

mercredi 16 novembre 2016

Marathon de Salon de Provence: toujours autant d'émotions!

Peut être il faut que je m'attaque à mon CR du marathon de Salon. Puisque les marathons je cours pas tous les mois, ni tous les 3 mois, ça mérite un CR. L'idée de faire ce marathon m'est venue après que Mireille l'a proposé ici. Salon de Provence ? Oh non ! Et puis quelques jours après : unique édition passant par la base aérienne 701 de patrouille de France (on aura jamais occasion d'y mettre les pieds) et puis chez Mireille, je lui ai promis un jour de venir courir chez elle. Adjugé, dossard vendu ! J'étais inscrite le 1er jour des inscriptions je crois parmi les 20 premiers inscrits, et je propose aussi à ma copine du club Amel de venir avec moi. Et puis peu à peu d'autres filles de CAF veulent faire ce marathon et un beau RDV comme dans les bons vieux temps se profile. Vu que l'organisation propose la possibilité de relais par 2 ou 4, les copines qui sont en reprise ou ne souhaitent pas faire le marathon entier, se décident pour les relais.
En ce qui concerne ma prépa, j'ai enchaîné sur la prépa marathon une semaine après le triathlon LD de Chantilly. Le mois de septembre s'est bien passé, le mois d'octobre juste catastrophique mais c'est depuis 2010 exactement que je me coltine les prépa marathon en période très intense au boulot, les journées à rallonges et beaucoup de stress, j'ai l'habitude. Je me concentre principalement sur la course à pied, délaissant complètement la natation et en réussissant tout de même à caser un peu de vélo de route en complément.
La folie du boulot est terminée fin octobre, il me reste 3 semaines pour récupérer. La récup' se passe assez rapidement, je suis contente de mes allures qui sont revenues et la FC est très correcte. Le marathon est annoncé comme « relativement roulant ». Je n'aime pas trop ce terme, soit c'est roulant, soit ça l'est pas. Sur la carte du parcours, ça semble pas trop méchant.
Bref, mais avant tout notre rassemblement entre filles !
Comme vendredi c'est férié, j'y vais le vendredi pour le WE prolongé avec ma copine Amel et aussi Mia. Mireille vient nous chercher à la gare d'Aix en Provence et en nous emmenant à l'hôtel montre une partie du parcours.
Le mistral souffle fort ce vendredi, ce sera encore pire dans la nuit, réveillée en plein milieu de la nuit j'écoute le mistral souffler et les pots de fleurs tomber. Bon bah on fait quoi si ça souffle comme ça dimanche : on signe pour 6h30 ou on reste couchées ? Ça continuera à souffler tout le samedi mais on nous rassure que dimanche il n'y aura pas... Samedi à l'hôtel on retrouve Aude qui vient d'arriver et Louise, la copine de Natbernardin qui partagera la chambre d'hôtel avec nous, des parfaites inconnues. Mais c'est ça la magie entre les gens qui partagent la même passion, le courant passe très vite.






Samedi soir on a notre grand RDV pasta party à la pizzeria Del Arte, place Morgan, l'endroit du départ de marathon. Je retrouve les copines que je n'ai pas vu depuis un bail : Isa13, Cocopuce, Marilyn, Yanne, Muriel34, Fanny, fais connaissance de mes copines virtuelles Béa et Isabelle et rencontre d'autres pour la toute 1ère fois. Mireille passe nous voir, elle est stressée et fatiguée, faisant partie de l'organisation et veille que tout se passe bien.









Le matin du départ il fait très frais, il n'y a pas de mistral et il fait beau. On retrouve encore d'autres copines pour la photo d'avant départ.

Juste avant le départ un discours et une minute de commémoration pour les victimes des attentats à Paris, il y a tout juste un an. La Marseillaise. Beaucoup s’essuient les larmes, même les grands gaillards. Moi aussi je craque... Lâcher des ballons bleus, blancs, rouges. 
Et c'est parti pour cette grande aventure. Je me colle tout de suite à 10 km/h et pendant plusieurs km. je resterai à côté de la meneuse d'allure des 4h15. L'ambiance en ville est géniale, beaucoup de spectateurs. Je félicite la meneuse pour sa régularité, c'est loin d'être le cas sur beaucoup de courses. Environ au 11ème km. on rentre dans la base aérienne, Marilyn qui attend son relais m'encourage et me prend en photo. Tout roule, je suis super régulière à environ 5'55  - 6' au kilomètre. Je m'attendais aux animations sur la base aérienne comme c'était annoncé mais non, c'est quasi mort... juste les avions par ci par là et quelques militaires qui encouragent quand même.


Vers le 18ème km. Il y un long passage sur le chemin caillouteux, l'allure commence à baisser mais rien de catastrophique encore... , Aude me double, je la croyais devant...en sortant de la base aérienne ça commence à monter. En fait tout le dénivelé est cumulé sur 4 km. environ. Ça monte et ça monte et l'allure bien évidemment baisse.
Le semi passé en 2h06. Au km. 25 je vois Yanne qui a abandonné, trop de douleurs au dos. :( Au km. 28 j'en ch... déjà et c'est au tour de Mia de me dépasser. J'arrive à maintenir environ jusqu'au km. 30 tant bien que mal que je passe en 3h05 (6' de plus que lors du dernier à Annecy), le speaker des relais annonce mon passage et dit : Tatiana qui heureuse d'être là. Comment je te dirais mon gars : oui, je suis très heureuse d'être là mais pour d'autres raisons et je serai encore plus heureuse d'avoir ma médaille collector et ma bière à l'arrivée, là je sens juste que je vais en ch.. grave et tout espoir de chrono est terminé. Et comme ça ne suffisait pas on a droit à la recaillasse le long du canal, où de nouveau je dépasse Aude qui souffre. On re-rentre dans la base et encore de la caillasse, mais bordel, je n'ai pas signé pour un trail ! Mes jambes refusent de coopérer et je me traîne lamentablement à 7 km/h. C'est au tour de Louise de me doubler. Et puis aux meneurs d'allure des 4h30. Et même quand on sort sur le bitume, mes jambes ne veulent plus rien savoir. Et pourquoi je ne marcherai pas un peu donc, foutu pour foutu ? Et le mental aussi qui part en sucette. Depuis fin 2011 j'avais oublié ce que c'est de marcher sur un marathon, tiens, rien n'est jamais gagné d'avance. Mais voilà il faut que tu recours puisque 7 km. à marcher c'est très long... Il y a une nana qui me dépasse en chialant au téléphone, elle a très mal. Je me retourne à plusieurs reprises en cherchant Aude mais je ne la vois pas.... 4 km. avant l'arrivée je suis doublée par Fanny qui fait le relais. Elle me dit : allez Tati, accroches toi à mon c... ben je voudrais bien mais j'en peux point... Et comme cadeau on a encore un bon km. de montée au 41ème mais là j’accélère comme je peux, le 42ème est heureusement en descente. Marilyn m'accompagne sur quelques centaines de mètres et repart chercher Aude. Je m'arrache pour franchir la ligne d'arrivée en 4h41, m'écroule un peu sur les barrières, puis on me passe la médaille autour du cou. Peu importe le chrono, la joie d'arrivée d'un marathon est toujours aussi intense.
Je retrouve mes copines, Amel a réussi son 1er passage sous les 4h00, un superbe chrono de 3h59 sur ce parcours difficile, Mia a presque égalé son record à 3' près 4h27, Louise 4h34 pour son 1er dans la douleur, Aude est arrivée 2' après moi aussi en souffrance mais le bonheur de boucler un marathon était là pour tout le monde.
Je crois que nous récidiverons toutes ! Et un immense merci à Mireille pour l'organisation et être là pour nous aux petits soins.
La médaille valait le déplacement ;)

Une pensée aussi à ceux et celles qui n'ont pas pu participer à cette fête: Béatrice, Nathalie et Jean-François. Prenez soin de vous et je suis sûre qu'on organisera d'autres RDV comme ça.

lundi 29 août 2016

De la Parisienne au half ironman...

J'ai commencé le sport (la course à pied) il y a 10 ans exactement... au début juste pour me débarrasser de mon conséquent surpoids à l'époque... ceux qui m'ont pas connu avant ont du mal à y croire. Bon le surpoids a disparu et je suis devenue une vraie accro à la course à pied et aux compétitions. Et puis la progression étant lente et douloureuse en 2012 il m'est venu l'idée de me mettre d'abord à la natation et au triathlon depuis 2013... juste pour améliorer ma condition physique... La démarche n'était pas fausse puisque les RP en course à pied tombent en pluie les uns après les autres. Et je pense, mange et rêve triathlon maintenant. En ce qui concerne manger et rêver, comme l'appétit vient en mangeant je commence à rêver d'un half ironman. En triathlon je suis souvent classée dans les derniers (comme en CAP à mes débuts) mais je progresse ! C'est ça qui est bien : quand on part de nulle part, on ne peut que progresser.
Après avoir bouclé deux distances olympiques l'année dernière et deux cette année, je me sens fin prête !
Quoi que... à bien réfléchir... En fait, il faut pas réfléchir .
Certes, je sais aligner 2000 de natation en crawl sans m'arrêter et sans me noyer, je roule très très régulièrement depuis 2 ans (c'est mon activité préférée maintenant!) et je cours aussi... assez peu d'ailleurs...
Mais voilà ça donne quoi aligner tout ça à la suite, sans faire de pauses tous les 200 mètres comme à piscine, sans faire les pauses ravitos-glouglou-blabla etc. lors des sorties vélos avec les copains et enchaîner par un semi marathon ? En fait il faut être un peu fêlée et croire dur comme fer en ses capacités de Iron (ironie?) woman.

Pourquoi le choix du half de Chantilly ? Ça aurait pu être Vichy mais effrayé par les récits de mes copines triathlètes qui ont vécu la douloureuse expérience de se faire jetées par les arbitres pour la BH dépassée de quelques minutes (1' pour ma copine Lénaïc l'année dernière!) franchement j'aurais pas digéré. La préparation et le temps consacré ce n'est pas rien, même à notre niveau de tortues et triathlètes en herbe...
Le jour J est arrivé. La veille vérification de tout le matos (liste à rallonge!), très peu d'inquiétude (d'ailleurs je commence à me demander si je suis humaine, normalement toute personne normalement constituée stresse, non?)

J'envisage quelques scénarios catastrophe : me prendre les grosses baffes en natation, crever à vélo (là hélas, je signerais la fin de mon aventure, incapable de réparer au bord de la route).
Mais alors vous allez rire, il y a des choses qu'on peut pas imaginer !
C'est mon mari qui m'emmène à Chantilly. En démarrant il s'aperçoit qu'il lui reste peu d'essence.
C'est pas grave nous passons à côté d'un centre commercial. Le plein est fait, pas un chat aux alentours à 5h30 du matin. Et là il s'exclame : Merdeuuuu !
Mais il t'arrive quoi ?
Le tuyau de la pompe à essence est coincé dans le réservoir. Mon mari, un grand gaillard de 110 kg. tire comme un forcené dessus, rien à faire.
Au bout de quelques minutes il m'annonce : bon hein, pour ta course c'est mort !
Incrédule mais calme je dis : j'aurais tout imaginé mais pas ça...
Je m'attaque à mon tour à ce p°%µµµ* de tuyau en le triturant dans tous les sens. Et oh miracle, j'arrive à le sortir avec mes petits bras de triathlète ! En explosant bien évidemment le trou du réservoir mais c'est pas grave ! La voiture est libérée ! Pffff.... sans commentaires...

Arrivés à l'aube près du Château, le cadre est splendide...

Mon mari ne compte pas une seconde rester m'encourager, la seule chose que je lui ai demandé c'est de venir sur la ligne d'arrivée à 15h00. Dans ma petite tête j'ai fait des calculs savants et comme je suis optimiste je compte boucler ça en 7h00 dans le meilleur des cas. Si c'est plus, il patientera un peu et puis c'est tout !
Je prépare mes affaires dans le parc à vélo mais je me sens vraiment seule....
On descend vers le plan d'eau, briefing que je n'écoute pas. Il est l'heure de descendre dans l'eau... vaseuse et noire. De tous les côtés ça fuse : ah noooon, c'est dégeuuuuuu. Je ne bronche pas, les eaux troubles de Chantilly et d'Enghien je connais... Je me décale tout à droite et en arrière. Partez tous ! Absolument pas décidée de me battre pour gagner quoi ? 1 minute ?
Les premiers dizaines de mètres ça fait tout drôle de plonger la tête dans l'eau... noire... et puis on s'habitue... Je sais que je suis dans les derniers mais pas la dernière et beaucoup de personnes en vue. Je pense pas à grand chose, j'allonge et respire du côté droit tous les 4 mouvements, dès fois 6.
A un moment un mec qui a traversé devant moi pour aller tout à droite, j'ai même pensé qu'il voulait demander de l'aide au kayak sur le coté. Mais non il rectifie sa trajectoire et se colle à moi. Obligée d'accélérer pour le doubler et ne pas être gênée. Tout va bien.... 1,2,3,4.... 1,2,3,4.... 1,2,3,4,5,6...
Et voilà c'est fini sans aucun souci... en sortant de l'eau en 50' soit 2,3 km/h de moyenne. Belle progression en natation par rapport à l'année dernière.
A la sortie c'est ma copine Isabelle qui m'encourage et prend en photo. Elle attend son départ pour le M. Merci Isabelle !

Transition. Je suis méthodique et ne veux pas me presser inutilement. C'est pas quelques secondes de précipitation qui feront gagner quelque chose.
C'est parti ! Sur les 1ers 10-20 km. Je me fais doubler par ceux qui ont terminé la natation derrière moi. Il fait pas très chaud, il fait beaucoup moins chaud que toute cette semaine mais il y a beaucoup de vent... Surtout sur la 2ème moitié de la boucle. Là ça me rappelle le sketch de Pierre Palmade « Les choix ». 
Tu préfères quoi avoir une grippe à vie ou les 30 canards qui vous suivent partout ?
Quoi la tête de veau ? Ah ben trop tard, il fallait choisir avant !
En version vélo ça donne :
Tu préfères quoi : la pluie, la canicule sans vent ou le vent ? Difficile à choisir, j'avoue !
Première boucle de 46 km. terminée, je commence la 2ème... et là il y a des fusées du M qui commencent à me doubler sans arrêt. A tel point que je me demande dès fois si c'est une moto ou un vélo qui arrive derrière. Pour précision, la circulation sur ce triathlon n'est pas coupée.... Mais au moins je ne me sens pas seule. Beaucoup, beaucoup de gars en dépassant encouragent. C'est vraiment sympa ! Les bénévoles aussi. La vitesse moyenne est toujours de 24 km/h. J'aimerais bien de terminer au moins ainsi. Je bois régulièrement de mon camelbag, mange des barres d'amandes et barres de fruits peu sucrées. Sur les 15 derniers km. vraiment fatiguée, crispée, la vitesse baisse, j'oublie de manger, boire, ne veux pas lâcher mon guidon et manquer de lucidité... J'en ai raz le c.., le casque et bien plus ... J'arrive même à penser : pourquoi ce pu**** de tuyau n'est pas resté coincé dans le réservoir de la voiture ce matin !
Et tiens encore un du half qui me dépasse... je me demande combien de temps il a mis en natation pour me dépasser que maintenant...
Ouf c'est finiiiii ! Là normalement si je tombe pas dans les pommes, je devrais finir...
Sauf que si ça se passe de la même manière que l'année dernière sous 33° ça va pas être de la tarte. 1H18 pour 10 km en étant au bord d'un malaise.
Là ça va, il ne fait que 27° !
Je décide de ne pas marcher et adopter une allure lente et ne pas souffrir. Le chemin est encore long et le parcours ce n'est pas du bitume (herbe, cailloux, sable, pavés : what else?). Sur les 5 premiers km. Je suis à peine à 8 km/h. mais double de nombreuses personnes du M. Et puis peu à peu je commence à dérouler, un regain d'énergie et du 5ème au 15ème je cours bien. En m'arrêtant tout de même à chaque ravito pour me verser 2 verres d'eau sur la casquette, un peu de coca, bananes, pâtes de fruits). Mais un de ces vents le long de l'hippodrôme ! A un moment carrément une tempête de sable. Je double 5 personnes du half . Eux ils marchent, moi si lente que je suis, je ne marcherai pas ! Sur les derniers 5-6 km. de nouveau rien dans les pattes. Les spectateurs dans le parc assis dans l'herbe sont nombreux à encourager.
La ligne d'arrivée approche enfin... Je vois mon mari de loin et là je commence à craquer.... Juste la ligne franchie, je me jette dans ses bras et fonds en larmes. Je l'ai fait, p***, je l'ai fait ! Que c'est bon de pleurer dans les bras de son homme.
Il est aux petits soins : tu veux quoi ? Je ne veux pas de sucré, je veux une bière ! Il va me chercher une bière... je veux des frites ketchup-moutarde ! Et te voilà les frites... tu veux une autre bière ? Oui ! Alimentation-hydratation d'une sportive.
Chéri, j'ai vu une statue d'un cheval quelque part... tu peux me prendre en photo ?
Ah tiens, ici !
Chéri : je veux pas dire, mais ce sont des chiens....
- Oh bah peu importe !
Nous marchons au moins 500 m. Mon mari : mais il est où ton vélo ? Mais je l'ai oublié à l'endroit où on a fait la photo...
Et bien.... ironman un jour ? Avant je disais : jamais de la vie, maintenant je dis peut-être...

Ah oui : pour le résultat c'est 7h32 et pas 7h00. 


346/354
50/54 femmes. Nous sommes encore très peu nombreuses!